Textes et poèmes

Pour partager avec vous des mots qui nous touchent, qui nous émeuvent, qui font écho à l'état d'esprit d'un moment.

D'étranges fleurs

L'automne met dans les lilas
D'étranges fleurs que nul ne voit,
Des fleurs aux tons si transparents
Qu'il faut avoir gardé longtemps
Son âme de petit enfant
Et pour pouvoir les assembler
En un seul bouquet de clarté
Comme font à l'aube les anges
Les mains pleines d'étoiles blanches...

Maurice Careme

Le Petit Prince.

Cette nuit là, je ne le vis pas se mettre en route.
Il s'était évadé sans bruit.
Quand je réussi à le rejoindre il marchait décidé,
d'un pas rapide.
Il me dit seulement : "Ah ! Tu es là... "
Et il me pris par la main.
Mais il se tourmenta encore :
"Tu as eu tort. Tu auras de la peine.
J'aurai l'air d'être mort mais ce ne sera pas vrai... "
Moi je me taisais.
"Tu comprends. C'est trop loin.
Je ne peux pas emporter ce corps-là.
C'est trop lourd. "
Moi je me taisais.
"Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée.
Ce n'est pas triste les vieilles écorces... "

Antoine de Saint Exupéry.

OU ES-TU ?

"Où es-tu, petit ange, où es-tu?
On aurait bien voulu,
À force d'amour,
t'empêcher de partir,
mais le monde est trop lourd,
petit ange léger,
Et n'a pas su te retenir.
Où faut-il te chercher, maintenant ?
Sous les gouttes de rosée? Sur les ailes du vent?
Qui saura nous le dire?
" Maman, "
Là où je suis, je ne crains rien.
J'ai les yeux pleins d'étoiles blondes,
J'ai l'âme vaste comme le monde.
Là où je suis, la joie est sans mélange.
Ne me cherchez pas, je suis dans chaque chose...
sur les ailes d'un ange,
dans la rosée, dans le vent,
dans le cœur d'une rose,
Dans le cœur de mes parents.
Ne me cherchez pas, je suis partout,
Je suis avec vous, je suis chez moi."

Albert Gui

Chanson pour vous

M'entends-tu maman, m'entends-tu ?
Je te parle d'en haut, d'en bas
Je ne sais pas

Je parle une autre langue
Je vis une autre vie
Je ne suis pas un ange
Et tout n'est pas fini
Je suis à contre-jour
Et j'ai mille ans passés
C'est toi qui est l'enfance
C'est moi qui vais chanter

M'entends-tu maman, m'entends-tu maman ?
Je te parle d'en haut, d'en bas
Je ne sais pas

C'est étrange ici
Où tout est au milieu
Je reconnais des gens
Que je n'ai jamais vus
Je suis un grand oiseau
Je suis après demain
Je fais des lignes bleues
En marchant sur les mains

M'entends-tu maman, m'entends-tu maman ?
Je te parle d'en haut, d'en bas
Je ne sais pas

Ca c'est passé très vite
Maman ce matin là
Je t'ai vue qui pleurait
Moi je ne pleurais pas
Le temps s'est juste ouvert
J'ai glissé dans le noir
Je n'ai pas eu le temps
De te dire au revoir

M'entends-tu maman, m'entends-tu ?


Par Lise Thouin, qui a connu une expérience de mort imminente . Maintenant, elleaccompagne des enfants qui sont très malades, jusqu'à leur dernier voyage

Montée la-haut

Le ciel ne sera plus jamais
Aussi noir qu'il n'est aujourd'hui
Comme un soleil ensorcelé
Tes yeux se perdent dans mes nuits
On n'était pas du même monde
Mais qu'est-ce que ça fait maintenant
Puisque les anges et les colombes
Se sont enfuis avec le vent

Depuis que t'es montée là-haut
Les anges n'ont jamais été plus beaux
Depuis que t'es montée là-haut
Ici moi je me sens toujours de trop

Et je t'emmènerai

Paraît que t'étais une princesse
Moi je n'en ai jamais connue
Juste des larmes et des détresses
Et ma chanson un peu perdue
Si un jour tu veux redescendre
Sache que mon cœur est ouvert
Et qu'il saigne à n'en plus comprendre
Où est l'Eden où est l'enfer

Depuis que t'es montée là-haut
Les anges n'ont jamais été plus beaux
Depuis que t'es montée là-haut
Ici moi je me sens toujours de trop
Depuis que t'es montée là-haut
Ici moi je me sens toujours de trop

chantée par Damien Saez

OSE

Presque rien, juste un pas, et venir plus près
D'autres liens d'autres voix, au moins essayer
L'étincelle qu'on reçoit, au premier regard
L'étincelle vient de toi, s'envole au hasard
Et peut tout changer

Alors... Ose, ose
Redonne à ta vie
Sa vraie valeur
Ose, ose
Redonne à ce monde
Toutes ses couleurs.

Presque rien, un silence qu'il faut écouter
Un chemin, une chance qu'on peut partager
Pas de doute, pas de peur, tu peux avancer
Fais ta route, il est l'heure
Tu dois essayer, tu dois tout changer

Ose, Ose
Redonne à ta vie
Sa vraie valeur
Ose, Ose
Redonne à ce monde
Toutes ses couleurs.

Presque rien, une route, tu peux avancer
Presque rien, un regard, tu peux essayer
Tu peux tout changer

Alors...Ose, Ose
Redonne à ta vie
Sa vraie valeur
Ose, Ose
Redonne à ce monde
Toutes ses couleurs.

Ose, Ose
Redonne à ce monde
Toutes ses couleurs

Chantée par YANNICK NOAH

L'envol des anges


L'ombre est bleu et la nuit palpite d'ors tremblants
Dans l'azur, on croit voir flotter des voiles blancs
Qui frémissent au souffle onduleux du mystère.

Les longs voiles traînants des anges de la terre
Qui montent vers les cieux, sans fin, sans bruit, en une
Ascension dont l'essor tremble au clair de lune.

N'entends-tu pas dans l'infini, battre leurs ailes ?
Les étoiles, au chant des sphères éternelles,
Palpitent dans le vent de ces ailes rythmées,

Qui lentement, parmi les ombres embaumées,
Et le soleil immense et bleu de toutes choses,
Eventent le silence et font pâmer les roses.

Fernand Gregh

Demain, dès l'aube

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo Les Contemplations (IV, 14) 3 sept. 1847


Dernier espoir

Il est un arbre au cimetière
Poussant en pleine liberté,
Non planté par un deuil dicté, -
Qui flotte au long d'une humble pierre.

Sur cet arbre, été comme hiver,
Un oiseau vient qui chante clair

Sa chanson tristement fidèle.
Cet arbre et cet oiseau c'est nous :

Toi le souvenir, moi l'absence
Que le temps - qui passe - recense...
Ah, vivre encore à tes genoux !

Ah, vivre encor ! Mais quoi, ma belle,
Le néant est mon froid vainqueur...
Du moins, dis, je vis dans ton cœur ?

Paul VERLAINE

La nuit n'est jamais complète

La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager
PAUL ELUARD


Évidemment.
Y a comme un goût amer en nous,
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout.
Y a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions qui ne tiennent pas debout.
Évidemment, évidemment,
On danse encore
Sur les accords
Qu'on aimait tant.
Évidemment, évidemment
On rit encore
Pour les bêtises,
Comme des enfants,
Mais pas comme avant.
Et ces batailles dont on se fout,
C'est comme une fatigue, un dégoût ;
A quoi ça sert de courir partout ?
On garde cette blessure en nous
Comme une éclaboussure de boue
Qui ne change rien, qui change tout.
Évidemment, évidemment,
On rit encore
Pour les bêtises,
Comme des enfants,
Mais pas comme avant,
Pas comme avant.
Chantée par France Gall.

La biche

La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux :
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
A la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
A ses longs appels anxieux !
Et le cou tendu vers les cieux,
Folle d'amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune.

Maurice Rollinat
Tant de belles choses

Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire "à demain"
Rien ne défera jamais nos liens
Même s'il me faut aller plus loin
Couper des ponts, changer de train
L'amour est plus fort que le chagrin
L'amour qui fait battre nos cœurs
Va sublimer cette douleur
Transformer le plomb en or
Tu as tant de belles choses à vivre encore
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas
Tu as tant de belles choses devant toi
Même si je veille d'une autre rive
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive
Je serai avec toi comme autrefois
Même si tu pars à la dérive
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois
Dans l'espace qui lie ciel et terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l'aurore
Il y a tant de belles choses que tu ignores
La foi qui abat les montagnes
La source blanche dans ton âme
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache les plus beau des mystères
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort

chantée par Françoise Hardy

Je clame.
Que la vie est indestructible
Malgré la mort.

Que l'espoir est un vent vif
qui doit balayer le désespoir.

Que l'autre est un frère
avant d'être un ennemi.

Qu'il ne faut jamais désespérer
de soi-même et du monde.

Que les forces qui sont en nous,
les forces qui peuvent nous soulever, sont immenses.

Qu'il faut parler d'amour
et non les mots de la tempête et du désordre.

Que la vie commence aujourd'hui et chaque jour
et qu'elle est l'espoir.

Martin Gray.

 

Ce que je sais

Ce que je sais
c'est que la mort ne détruit pas l'amour
que l'on portait à ceux qui ne sont plus ...
Je le sais parce que,
tous les jours, je vis avec les miens...
Ce que je sais aussi,
c'est que la vie doit avoir un sens.
Ce que je sais encore,
c'est que l'amour, le bien, la fidélité
et l'espoir triomphent finalement toujours
du mal, de la mort, et de la barbarie.
Tout cela, je le sais, je le crois ...

Martin Gray

VIVRE

La nuit est si belle
Et je suis si seule
Je n'ai pas envie de mourir
Je veux encore chanter
Danser et rire
Je ne veux pas mourir
Mourir Avant d'avoir aimé
Vivre Pour celui qu'on aime
Aimer plus que l'amour même
Donner Sans rien attendre en retour
Libre De choisir sa vie Sans un anathème
Sans un interdit
Libre Sans dieu ni patrie
Avec pour seul baptême
Celui de l'eau de pluie
Vivre Pour celui qu'on aime
Aimer Plus que l'amour même
Donner Sans rien attendre en retour
Ces deux mondes qui nous séparent
Un jour seront-ils réunis
Oh ! Je voudrais tellement y croire
Même s'il me faut donner ma vie
Donner ma vie Pour changer l'histoire
Vivre Pour celui qu'on aime
Aimer Plus que l'amour même
Donner Sans rien attendre en retour
Aimer Comme la nuit aime le jour
Aimer Jusqu'à en mourir d'amour
Jusqu'à en mourir d'amour

chantée par NOA

La Vie, l' Amour, la Mort.

C'est beau la vie,
comme un nœud dans le bois
C'est bon la vie,
bue au creux de ta main
Fragile aussi,
même celle du roi
C'est dur la vie,
vous me comprenez bien.

C'est beau l'amour,
tu l'as écrit sur moi
C'est bon l'amour
quand tes mains le déploient
C'est lourd l'amour
accroché à nos reins
C'est court l'amour
et ça ne comprend rien.

C'est fou la mort,
plus méchant que le vent
C'est sourd la mort,
comme un mort sur un banc
C'est noir la mort
et ça passe en riant
C'est grand la mort,
c'est plein de vie dedans
chantée par Félix Leclerc

J'ai mesuré les jours et les ai trouvés longs,
J'ai mesuré les nuits et c'était bien profond,
Puis j'ai sondé ma peine, n'ai pas touché le fond...

Félix Leclerc

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n'écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les cœurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d'être heureux!
Pablo Neruda Prix Nobel de Littérature

Ninon

Quand la brise s'élève ton cœur rayonne
Quand le soleil se couche on dirait ton si beau visage souriant

Quand j'entend la nuit, des bruits, je me dis que tu ris
Et la nuit après minuit , c'est toi Ninon

Antonin (((((((((((( grand frére de Ninon))))))))))))))))

 

Les mots exacts pour le dire.

Je vous en prie, ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmonter,
Je ne le surmonterai jamais.
Je vous en prie, ne me dites pas qu'elle est mieux là où elle est maintenant,
Elle n'est pas ici auprès de moi.
Je vous en prie, ne me dites pas qu'elle ne souffre plus,
Je n'ai toujours pas accepté qu'elle ait dû souffrir.
Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,
A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.
Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir,
Le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.
Je vous en prie, ne me dites pas "Au moins vous l'avez eu pendant tel nombre d'années",
Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?
Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez d'elle.
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.
Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer.

Rita Moran.

( j'ai remplacé Il par Elle par rapport au poème initial )

Confidentiel

Je voulais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
Resteront prés de moi sur mon chemin
Te dire que c'était pour de vrai
Tout ce qu'on s'est dit, tout ce qu'on a fait
Que c'était pas pour de faux, que c'était bien.
Faut surtout jamais regretter
Même si ça fait mal, c'est gagné
Tous ces moments, tous ces mêmes matins
Je vais pas te dire que faut pas pleurer
Y a vraiment pas de quoi s'en priver
Et tout ce qu'on a pas loupé, le valait bien
Peut-être que l'on se retrouvera
Peut-être que peut-être pas
Mais sache qu'ici bas, je suis là
Ça restera comme une lumière
Qui me tiendra chaud dans mes hivers
Un petit feu de toi qui s'éteint pas.

J-J Goldman

 

Musique et danse
Si je pouvais prendre ton rire
dans le creux de ma main
et l'y faire bruire
comme un clair grelot fin,
l'écoutant sans rien dire
jusqu'a demain matin,

les étoiles, ces fleurs du vide
qu'on voudrait caresser,
dans les grands cieux limpides
se mettraient à danser
une valse fluide
qui viendrait m'enlacer.

et grisé sans le dire,
dans la valse sans fin
je perdrais mon chemin,
pour avoir fait danser ton rire.
Louis Mandin

Vole

Vole vole petite aile
Ma douce, mon hirondelle
Va t'en loin, va t'en sereine
Qu'ici rien ne te retienne
Rejoins le ciel et l'éther
Laisse-nous laisse la terre
Quitte manteau de misère
Change d'univers

Vole vole petite sœur
Vole mon ange, ma douleur
Quitte ton corps et nous laisse
Qu'enfin ta souffrance cesse
Va rejoindre l'autre rive
Celle des fleurs et des rires
Celle que tu voulais tant
Ta vie d'enfant

Vole vole mon amour
Puisque le nôtre est trop lourd
Puisque rien ne te soulage
Vole à ton dernier voyage
Lâche tes heures épuisées
Vole, tu l'as pas volé
Deviens souffle, sois colombe
Pour t'envoler

Vole, vole petite flamme
Vole mon ange, mon âme
Quitte ta peau de misère
Va retrouver la lumière
chantée par Céline Dion

La neige
J'ai suivi tout le long, tout le long de la neige
Des étoiles de pas, j'ai suivi le cortège
Vers quel palais caché, le plus fin, le plus beau ?
Mais soudain j'ai perdu cette route légère,
Et promenant mes yeux au- dessus de la terre,
J'ai cherché dans le ciel la maison des oiseaux.
Pierre Menanteau

Ronde des ailes

Il était un petit enfant
-donnez moi des ailes-
qui naquit dehors en plein vent
comme sa mère allait aux champs...

d'être ainsi né hors saison
-donnez moi des ailes-
il fut le fou des horizons
qui chantait d'étranges chansons...

il quitta son nid des pins verts
-donnez moi des ailes-
et un jour ayant trop souffert,
il s'enfuit par delà les mers...

or suivant le rythme des mondes,
-donnez moi des ailes-
il tourna sur la terre ronde
comme un caillou dans une fronde...

or, tant tourna l'enfant qui chante
-donnez moi des ailes-
tant et tant qu'il pris la tangente
et devint étoile filante...

Loys Labèque

L'éclaircie

Comme un soleil, comme une éclaircie
Comme une fleur que l'on cueille entre les orties
Elle doit venir, comme vient le beau temps
Elle doit venir comme vient le printemps

Demandez-moi tout ce que vous voulez
Et sans regrets je vous le donne
Mais dites-moi où je la trouverai
Celle qui comprendra, celle qui me dira
"Où que tu ailles je vais avec toi
Quel que soit le chemin, je te suis pas à pas"
Et s'il m'arrivait alors de tomber
C'est elle qui me relèverait

Comme un soleil, comme une éclaircie
Comme une fleur que l'on cueille entre les orties
Elle doit venir, comme vient le beau temps
Elle doit venir comme vient le printemps

Demandez-moi tout ce que vous voulez
De ne plus jamais voir personne
De renoncer aux parfums de l' été
Aux accords de guitare, aux fumées de la gloire
Demandez-moi de ne plus croire en rien
Pourvu que je la voie au bout de mon chemin
Demandez-moi tout ce que vous voulez
Mais dites-moi où la trouver
Michel Fugain

 

L'arc-en-ciel

Par la nue en pleurs,
L'écharpe fleurie,
Soie aux sept couleurs,
Doucement essuie
Les yeux de la pluie.
Voici l'embellie.

Pour jouer, je nomme
Les teintes jolies
Qui dans le ciel ornent
Comme des chromos
L'arc de féerie :

Rouge orangé, jaune,
Vert, bleu, indigo,
Violet de magie.

Haut pont merveilleux,
Passerelle immense,
J'ai le cœur si pur
Qu'en clignant les yeux,
Sur toi je m'élance
Et franchis l'azur.

Armand Got

Les Lionnes

Porte l'eau
Porte la vie
Du ciel à ton seau
Le jour et la nuit
C'est de l'or
Entre tes mains
Chaque jour qui passe
Fait la terre plus lasse

Porte l'eau
Porte-la bien
Surtout fait attention
Ne renverse rien
Fais l'effort
Tu le sais bien
Chaque jour qui passe
Fait la terre plus lasse

Mais tu sais les lionnes
Sont vraiment des reines
Leur amour elles le donnent
Et plus jamais ne le reprennent
Le soleil les assomme
Fait monter leur peine
Oui tu sais les lionnes
Sont vraiment, vraiment des reines

Porte l'eau
Porte la vie
Tu dois courber le dos
Pour un peu de pluie
C'est de l'or
Entre tes mains
Chaque jour qui passe
Fait la terre plus lasse

C'est l'espoir qui revient
C'est la vie qu'elles ramènent
Dans leur sceaux bien pleins
Fatiguées mais toujours sereines
De la terre et des hommes
Elles sont les gardiennes
Oui tu sais les lionnes
Sont vraiment, vraiment des reines

chantée par Yannick Noah

Les bras d'une maman

Les bras d'une maman
Sont comme un petit lit,
Un lit jamais défait,
Qui sent bon les baisers

Anonyme

 

On est mère pour comprendre l'inexplicable.

On est mère pour illuminer les ténèbres

On est mère pour couver, quand les éclairs zèbrent la nuit,

Quand le tonnerre viole la terre, quand la boue enlise.

On est mère pour aimer sans commencement ni fin.

Mariama Bâ

J'ai écrit ton nom dans le sable
mais la vague l'a effacé,
j'ai gravé ton nom sur un arbre,
mais l'écorce est tombée,
j'ai incrusté ton nom dans le marbre
mais la pierre a cassé,
j'ai enfoui ton nom dans mon coeur
et le temps l'a gardé.
(Auteur inconnu)

Tu n'auras pas semé...

Tu n'auras pas semé ta couronne étoilée
Sur le miroir tari du ruisseau de tes jours.
Toute pleine de jours, toi, tu t'en es allée
Et ton frais souvenir en scintille toujours

Marceline Desbordes-Valmore. (Elle a perdu ses 4 enfants)

 

Je ne suis qu'une enfant
Je ne suis qu'une enfant solitaire et sauvage
Qui m'en vais dans la vie avec un cœur d'oiseau,
Et sur les étangs clairs, l'ombre d'un seul roseau
Fait encor plus de bruit que mon obscur passage.
Libre comme la mer qui s'étend sur la plage
J'ai bondi vers l'azur, m'en taillant un lambeau,
J'ai bu dans le soleil comme à même un jet d'eau
Et des vents d'infini m'ont prise en leur sillage.
Mais depuis qu'en mon âme ont surgi ces appels,
Depuis que je tentai les sommets immortels,
La terre ne m'est plus qu'un tournant de la route.
Et tandis que je monte en refermant les bras
Sur un ciel inconnu, nul être ne se doute
Que des morceaux d'étoile ont surgi sous mes
pas.
Cécile chabot

Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.
Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.
Arthur rimbaud

La quête
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux

Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.
Jacques Brel

Ta douleur

Lève toi c'est décidé
Laisse-moi te remplacer
Je vais prendre ta douleur
Doucement sans faire de bruit
Comme on réveille la pluie
Je vais prendre ta douleur
Elle lutte elle se débat
Mais ne résistera pas
Je vais bloquer l'ascenseur...
Saboter l'interrupteur
Mais c'est qui cette incrustée ?
Cet orage avant l'été
Sale chipie de petite sœur
Je vais tout lui confisquer
Ses fléchettes et son sifflet
Je vais lui donner la fessée...
La virer de la récrée
Mais c'est qui cette héritière?
Qui se baigne qui se terre
Dans l'eau tiède de tes reins
Je vais la priver de dessert
Lui faire mordre la poussière
De tous ceux qui n'ont plus rien...
De tous ceux qui n'ont plus faim
dites-moi que fout la science
A quand ce pont entre nos panses ?
Si tu as mal là où t'as peur
Tu n'as pas mal là où je pense !
Qu'est-ce qu´elle veut cette conasse
Le beurre ou l'argent du beurre
Que tu vives ou que tu meurs ?
Faut qu'elle crève de bonheur
Ou qu'elle change de godasses
Faut qu'elle croule sous les fleurs
Change de couleur...
Je vais jouer au docteur
dites-moi que fout la science
A quand ce pont entre nos panses ?
Si tu as mal là où t'as peur
Tu n'as pas mal là où je chante !
Chantée par Camille

Prière Sioux

L'esprit n'est jamais né
L'esprit ne cessera jamais
Et il n'y eut pas de temps où il n'était pas.
Fin et commencement sont des rêves.
Sans naissance, sans mort, sans changement
L'esprit demeure à jamais.
La mort ne l'a pas touché
Bien que sa demeure semble morte

Pris dans l'enfant et la mort d'Elisabeth Kübler-Ross

Mon coeur s'est abattu sur un champ de fleurs

La terre on la reverra jamais

Mais les papillons on les reverra

Guilhem petit frère de Ninon ( il veut être magicien "poémiste"

J'ai froid

J'ai froid, si froid soudain.
Pourquoi petite fille viens-tu me reprendre la main ?
Tu sais que je n'ai rien oublié
Mais il faut bien avancer, croire toujours : " Je gagnerai ".
Reviens petite, reviens te lover au fond de moi
Ta place est là.
Ne refais pas couler mes larmes,
Tes grands yeux d'interrogation me désarment.
Non, je ne veux pas me rappeler petite,
Je n'ai rien oublié, je refuse juste d'être écrite.
Je veux aimer
Etre aimée encore, croire toujours à l'été
Aimer comme je t'aime toi
Avec une infinie tendresse, sans tricher, sans " et moi ! "
Sans toi, je ne saurais pas jouer
Je ne courais pas après le temps sablier
Pour l'arrimer à l'ancre vérité.
Ferme tes longs cils mouillés
Qui disent les précipices qui t'ont statufiée.
Viens te lover petite, viens,
Reprend ta place, donne-moi ta main
Je la caresserai, je te bercerai
Je te dirai les fées, les rochers chauds, les eaux mêlées
Qui scintillent à la nuit
Quand la lune les éclaire et que tout luit.
Je te dirai les lucioles
Les arcs-en-ciel, les nuages qui batifolent
Et les petites bêtes du Bon Dieu qui s'y collent.
Je te raconterai
Le musicien qui éveille l'âme de l'archet
Le poète qui devine
Les mains du sculpteur qui raniment
L'homme aux semelles de vent
Le magicien, le saltimbanque du temps
Qui te reconnaîtra et te dira gaiement
" Enfin te voilà ma toute belle,
Ma tête de pioche, mon Esméralda, ma gazelle
Je suis ton cadeau, sois mon présent "
Alors petite, alors,
Du plomb, toi et moi, nous extrairons l'or.
Pour construire un demain il faut bien un hier.
Le nôtre sera clair.
N'aie aucune crainte petite, sur ce chemin de Lumière
Rien ne se fige et personne ne se perd.
Anonyme

Graver l' écorce jusqu'à saigner
Clouer les portes, s'emprisonner
Vivre des songes a trop veiller
Prier des ombres et tant marcher
J'ai beau me dire qu'il faut du temps
J'ai beau l'écrire si noir sur blanc
Quoique je fasse, ou que je sois
Rien ne t'efface, je pense a toi
Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas
Pourquoi je saigne et pas toi

Passent les jours, vides sillons
Dans la raison et sans amour
Passe ma chance, tournent les vents
Reste l'absence, obstinément
J'ai beau me dire que c'est comme ça
Que sans vieillir, on n'oublie pas
Quoique je fasse, ou que je sois
Rien ne t'efface, je pense a toi
Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas
Pourquoi je saigne et pas toi

Y a pas de haine, y a pas de roi
Ni dieu ni chaîne, qu'on ne combat
Mais que faut-il, quelle puissance
Quelle arme brise l'indifférence
Oh c'est pas juste, c'est mal écrit
Comme une injure, plus qu'un mépris
Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas
Pourquoi je saigne et pas toi
J-J Goldman

À ceux que j'aime et qui m'aiment "Prière amérindienne "
Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté !
Je vous remercie pour l'amour que chacun m'a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !
Je ne suis pas loin et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher Je serai là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

Auteur inconnu

Emilie Jolie

Je m'appelle Emilie Jolie
Je voudrai partir avec vous
Tout au bout du ciel sur vos ailes
Et je voudrais vivre avec vous, ma vie

Tu t'appelles Emilie Jolie
Tu voudrais partir avec nous
Tout au bout du ciel, sur nos ailes
Et tu voudrais vivre avec nous, ta vie

Oui, c'est ça vous m'avez compris
Alors dites-moi oui

Tu t'appelles Emilie Jolie
Tu rêves de voler la nuit
Partir voir le soleil
Et même la lune, sur nos plumes
Faire un p'tit tour au paradis

Oui, c'est ça vous m'avez compris
Alors dites-moi oui

Mais y a tant de choses à voir avant
De partir pour le firmament
Y a tant de pages à tourner
Ta vie ,ne fait que commencer
Y a tant de choses à voir avant
De partir pour le firmament
Y a tant de jours et tant de nuits
Tu es au début de ta vie

J'ai tant de choses à voir avant
Mais n'oubliez pas pour autant
La petite fille aux cheveux blonds
Qui vous a chanté sa chanson

Je m'appelle Emilie Jolie
Et si un jour je deviens vieille
j'irai voir le ciel sur vos ailes
Au rendez-vous du paradis

Mais prends le temps de vivre ta vie
Ma petite Emilie Jolie
Tu sais dans les pages rêvées
Les oiseaux ne sont pas pressés

Philippe Chatel

Tout le bonheur du monde
On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins.

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien.

Puisque l'avenir vous appartient
Puisqu'on n'contrôle pas votre destin
Que votre envol est pour demain
Comme tout c'qu'on a à vous offrir
Ne saurait toujours vous suffir
Dans cette liberté à venir
puisqu'on sera pas toujours là
Comme on le fut aux premiers pas

Toute une vie s'offre devant vous
Tant de rêves a vivre jusqu'au bout
Sûrement plein de joie au rendez-vous
Libre de faire vos propres choix
De choisir qu'elle sera votre voie
Et où celle-ci vous emmènera
J'espère juste que vous prendrez le temps
De profiter de chaque instant.

Ché pas quel monde on vous laissera
On fait d'notre mieux, seulement parfois,
J'ose espérer que c'la suffira
Pas à sauver votre insouciance
Mais à apaiser notre conscience
Aurais-je le droit de vous faire confiance...

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins.

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien.

Sinsémilia

Un enfant
Ça vous décroche un rêve
Ça le porte à ses lèvres
Et ça part en chantant
Un enfant
Avec un peu de chance
Ça entend le silence
Et ça pleure des diamants
Et ça rit à n'en savoir que faire
Et ça pleure en nous voyant pleurer
Ça s'endort de l'or sous les paupières
Et ça dort pour mieux nous faire rêver

Un enfant
Ça écoute le merle
Qui dépose ses perles
Sur la portée du vent
Un enfant
C'est le dernier poète
D'un monde qui s'entête
A vouloir devenir grand
Et ça demande si les nuages ont des ailes
Et ça s'inquiète d'une neige tombée
Et ça croit que nous sommes fidèles
Et ça se doute qu'il n'y a plus de fées

Mais un enfant
Et nous fuyons l'enfance
Un enfant
Et nous voilà passants
Un enfant
Et nous voilà patience
Un enfant
Et nous voilà passés.

Chantée par Jacques Brel

Ma fille
Ma petite fleur des champs.
Ma rose au buisson.
Ma pureté, ma jeunesse et ma vie.
Mon petit bois de genêts.
Mon églantine.
Tu cries comme un oiseau.
Comme le chevreau tu bondis.
Tu es toute la nature.
Le ruisseau dans le bosquet,
Un essaim d'abeilles dans les fleurs.
Tu es ma fleur et mon parfum.
Tes petits pieds sont deux pierres polies.
Ton ventre est un petit melon.
Ton souffle est comme le vent
Au fond d'un bois.
Andrée Moulut-Wirtz

Mistral gagnant
A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu'y en a
Te parler du bon temps qu'est mort ou qui r'viendra
En serrant dans ma main tes p'tits doigts
Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d' pieds pour de faux
Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures
Te raconter un peu comment j'étais mino
Les bonbecs fabuleux qu'on piquait chez l' marchand
Car-en-sac et Minto, caramel à un franc
Et les mistrals gagnants

A r'marcher sous la pluie cinq minutes avec toi
Et regarder la vie tant qu'y en a
Te raconter la Terre en te bouffant des yeux
Te parler de ta mère un p'tit peu
Et sauter dans les flaques pour la faire râler
Bousiller nos godasses et s' marrer
Et entendre ton rire comme on entend la mer
S'arrêter, r'partir en arrière
Te raconter surtout les carambars d'antan et les cocos bohères
Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres
Et nous niquaient les dents
Et les mistrals gagnants

A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder le soleil qui s'en va
Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fou
Te dire que les méchants c'est pas nous
Que si moi je suis barge, ce n'est que de tes yeux
Car ils ont l'avantage d'être deux
Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux
Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants
Et les mistrals gagnants
Renaud

Parce que
le tumultueux besoin de revoir la mer
pareille à tes yeux
m'est devenu insupportable
j'entreprends cette remontée du temps.
Mais
la mer retirée
dans tes yeux sans eau
gisent les rêves d'un monde englouti
celui du rêve
et de l'innocence
le monde de l'enfance .
Antoine Ristori

Cesaria
Je marche pieds nus
sur la terre du Cap-Vert
Je donne la main à une diva
aux yeux d'enfant
Afrique charnelle
Afrique latine
Sa voix
délicate et sensuelle
ondule
dans l'immobilité
de son corps
Silence
Femme mélancolique
Plainte langoureuse
Elle pleure
le chant de ses ancêtres
Persécution percussions
Plainte déchirante guitare
Elle est belle
Couleur cuivre jazz
Visage douceur fado
Humilité simplicité
Mes sens frémissent
musique magique
Je marche pieds nus
sur la terre du Cap-Vert
Une princesse
me tient la main
Louis Parisel

 
Si je pouvais attraper un arc-en-ciel,
Je le ferais juste pour toi,
Et je partagerais ainsi avec toi sa beauté
Les jours où tu es mélancolique.

Si je pouvais, je construirais une montagne
Que tu pourrais considérer comme ta propriété,
Un endroit où trouver la sérénité
Un endroit où l' on peut être seul.

Si je pouvais prendre tes problèmes,
Je les jetterais à la mer.
Mais je me rends compte que toutes ces choses
sont impossibles pour moi :

Je ne peux pas construire une montagne,
Ni prendre un arc-en-ciel lumineux.
Mais laisse-moi juste être ce que je peux,:
Une amie toujours présente
Envoyé par Cricri un jour de tristesse